Depuis la remontée des résultats sur les évaluations nationales standardisées auprès des académies, de nombreux·ses professeur·es des écoles subissent des pressions du fait de résultats jugés insuffisants au sein de leurs classes. Pour la CFDT, cela doit s’arrêter tout de suite !
Évaluations nationales : non à la mise sous pression des personnels
Alors que les équipes prennent connaissance des résultats des évaluations nationales, des collègues nous signalent des demandes de changement de méthodes pédagogiques fondées sur les scores de leurs élèves.
Alors que les résultats des évaluations nationales sont à peine sortis et qu’ils devraient permettre aux équipes d’échanger voire de construire ensemble des remédiations, certaines académies, circonscriptions pointent du doigt certain·es collègues en leur demandant de changer de méthodes pédagogiques. D’autres décident d’y envoyer des conseillers·ères pédagogiques missionné·es par des IEN dans les classes.
Dans les situations rapportées, ces visites sont vécues comme un contrôle et une critique des pratiques plutôt que comme un accompagnement pédagogique.
Pour la CFDT, ces demandes sont intolérables et montrent bien ce que nous dénonçons depuis longtemps avec ces évaluations nationales standardisées : un pilotage par des chiffres et non par une confiance envers les personnels.
Des évaluations qui ne sont pas le reflet du travail de l’enseignant·e
L’utilisation de ces résultats pour juger les personnels fait abstraction du contexte de la classe et du parcours des élèves : milieu social des familles, contexte local, retours des congés scolaires d’été, état moral et physique de l’élève.
Ces évaluations donnent une mesure partielle des acquis à un moment donné. Une mesure qui doit être confrontée aux autres observations de l’enseignant·e en temps réel mais aussi dans la durée.
L’enseignant·e, qui, rappelons-le dispose toujours d’une liberté pédagogique, est sans aucun doute le mieux placé pour savoir ce dont l’élève est capable. Piloter ainsi ces résultats est, pour notre organisation syndicale, une forme de maltraitance institutionnelle.
Ces résultats ne peuvent, à eux seuls, servir à apprécier la qualité du travail des enseignant·es. En début d’année, ils portent en outre sur des acquis construits avant la prise en charge de la classe.
Une situation d’autant plus malaisante, quand ces « visites » s’adressent souvent à des jeunes enseignant·es installé·es depuis peu dans le métier et qu’ils/elles ont avant tout besoin de se sentir en confiance et soutenu.es.
Des pratiques qui renforcent notre contestation des évaluations nationales
La CFDT le martèle chaque fois qu’elle le peut : piloter par les résultats aux évaluations est une aberration et un déni de l’expertise des professeurs des écoles. De tels agissements au sein des écoles et des classes sont inacceptables.
Et que dire de certain·es IEN qui demandent aux directeurs et directrices d’école de ne pas affecter tel·le ou tel·le enseignant·e sur un niveau précis de classe car il/elle pourrait faire baisser les résultats aux évaluations. Il convient de leur rappeler d’ailleurs que la seule obligation des enseignant·es est de faire passer ces évaluations mais que la remontée des résultats via le serveur n’est pas obligatoire.
On voit donc bien l’effet pervers provoqué par ce type de dispositif qui a été abandonné par quasiment tous les pays dans le monde. Un·e enseignant·e travaille pour faire progresser ses élèves, pour leur faire acquérir des compétences et non pour remplir un tableur et faire des statistiques.
Quant aux conseiller·ères pédagogiques, ils/elles ont sans doute bien assez de travail avec la mise en place de formations, les nouveaux programmes, le suivi des stagiaires ou des contractuel·les et l’accompagnement des équipes dans leur quotidien.
Les conseiller·ères pédagogiques doivent pouvoir exercer leurs missions de formation et d’accompagnement des équipes. Leur intervention ne doit pas être détournée en un contrôle des pratiques fondé sur les seuls résultats aux évaluations nationales.
