L’appel aux retraité⋅e⋅s : sérieusement ?!

Faire appel aux enseignant⋅e⋅s retraité⋅e⋅s est la solution proposée par le Premier Ministre, lors de son discours de politique générale devant l'assemblée, pour résoudre les problèmes de recrutement.
Qui peut y croire sérieusement?

Enseignant⋅e⋅s  retraité⋅e⋅s : c’est la solution pour les ministres

Ce n’est pas la première fois que cette solution est évoquée. En vérité, elle est évoquée à chaque crise.
Dernièrement, le ministre Blanquer avaient envoyé des milliers de courriers à tous les enseignant⋅e⋅s fraichement retraité⋅e⋅s, pour leur proposer de remplacer les enseignant⋅e⋅s malades du Covid, pendant la vague Omicron. Plus récemment encore, c’est la ministre Beloubet  qui avait proposé cette solution devant le manque de professeur⋅e⋅s de mathématiques et français pour encadrer les groupes de niveaux au collège.

Il n’y a pas de bilan officiel national de ces appels mais les quelques retours que nous avons eu localement indiquent que ça ne prend pas. Nous n’avons aucun exemple d’un rectorat ou d’une DSDEN qui ait eu assez de candidatures de professeurs retraités pour répondre aux objectifs fixés à cet appel.

Une idée hors-sol…

On sait que les professeur⋅e⋅s des écoles sont le corps avec le plus de départ à la retraite avec décote : 34%, selon le service statistique du ministère de l’Éducation nationale. Ces collègues s’arrêtent en connaissant l’impact sur leur pension car faire une année de plus est inenvisageable, ce serait l’année de trop.

Par ailleurs, il sera difficile de compter sur les nouvelles et nouveaux retraité⋅e⋅s, qui, depuis septembre 2023, ont subi un trimestre supplémentaire au dernier moment, alors même que ces collègues n’avaient plus d’affectation, suite à la mise en œuvre de la si décriée réforme des retraites de cette même année.

… un vrai problème

Cette solution de dernier recours dit bien le problème profond d’attractivité des métiers de l’éducation. Les difficultés qui en résultent dans le quotidien des écoles et des établissements ont des conséquences fortes sur les conditions de travail des agents à court et moyen terme : formation continue empêchée, impossibilité d’aménager les temps de travail, absence de remplaçant⋅e⋅s désorganisant les vies scolaires et les classes accueillant les élèves,  autorisation d’absence refusées – y compris pour formation syndicale… La liste est longue.

Le problème de l’attractivité des métiers dans l’éducation ne touche pas que les enseignant⋅e⋅s. C’est un révélateur de conditions de travail et d’une santé au travail insatisfaisantes.

Plus le ministère tente d’intensifier le travail des personnels en poste pour pallier les difficultés de recrutement et plus la situation se dégrade.
Il serait temps de travailler sur les conditions de travail sur la santé au travail des agents !

La CFDT demande des mesures sur les conditions de travail, le respect d’un temps de travail toutes tâches comprises qui ne dépasse pas les 1607 heures, des aménagements pour les fins de carrière, l’effectivité de l’accès à la retraite progressive, des mesures de prévention et d’action sur la santé des personnels.