Formation initiale : se donner les moyens d’équipes plurielles efficaces

À l'occasion d'un groupe de travail sur le fonctionnement en équipes plurielles dans la formation initiale, la CFDT pose ses revendications dans sa déclaration liminaire.

La CFDT Education Formation Recherche Publiques salue l’effort général de dialogue avec les OS sur l’application de cette réforme. Cependant, nous allons être francs : nous n’avons pas besoin de témoignages sur le fonctionnement des équipes plurielles. Les formateur⋅rices les ont toustes expérimentées ces dernières années. La CFDT voit très bien à la fois les apports et les difficultés posées par ce type d’organisation. Ce dont nous avons besoin, c’est de cadrages clairs pour sécuriser et faciliter le fonctionnement de ces équipes et leur permettre de déployer toutes leurs potentialités.

Nous avons besoin d’un cadrage de qui peut être ou pas décompté dans les 50% dits de terrain car les remontées actuelles du terrain montrent des pratiques différentes entre académies, voire entre parcours d’une même académie. Cela génère incertitude dans les équipes et gêne la préparation de la rentrée. Par exemple, les vacataires du secondaire employés actuellement par les universités pourront-ils être décomptés dans ces 50% et donc réemployés à la rentrée?

Nous avons besoin d’une progressivité dans la transformation des équipes pédagogiques et l’intégration des 50% de personnels dits du terrain. En effet, une application trop brutale et rapide de cette règle va seulement augmenter la déstabilisation de formations déjà fragilisées par l’ampleur et la rapidité de la réforme.

Pour la CFDT, le temps en stage, c’est aussi de la formation.

La CFDT considère que les tuteurs de terrain font partie des équipes pédagogiques pluricatégorielles et qu’il est important de les y intégrer. Donc, ce dont nous avons besoin, c’est d’une amélioration des conditions de travail des tuteurs. La CFDT demande sur le temps de service des tuteurs et non en plus, de la formation et de la concertation avec le reste de l’équipe pédagogique. Ainsi ils pourront pleinement participer à l’activité de formation et d’encadrement des étudiants-stagiaires.

Ce dont nous avons besoin, c’est la prise en compte par les rectorats et universités du temps de concertation et de coordination nécessaire pour fonctionner en équipe plurielle, composée d’intervenants de cultures pédagogiques diverses, habitués à des fonctionnements différents. Ce temps doit être inscrit dans le service des personnels, sinon, cette coordination ne pourra se faire correctement et les équipes plurielles ne seront qu’une juxtaposition d’isolats fonctionnant en silo.

À moins bien sûr que les personnels ne fassent ce travail de concertation bénévolement en heures supplémentaires non payées, au détriment de leur vie personnelle et de leur santé. Mais nous rappelons qu’il n’est pas acceptable que l’employeur cautionne, voire organise de facto, un tel fonctionnement.

Voilà ce dont nous avons besoin, et pas d’un énième témoignage ou d’une énième présentation de l’intérêt théorique des équipes plurielles et des bonnes intentions de la réforme, et des questions qu’elle pose. Nous avons besoin de réponses et de décisions concrètes. Sinon nous perdons tous notre temps aujourd’hui.

La CFDT demande que les deux ministères de l’éducation et de l’enseignement supérieur donnent les moyens concrets de transformer les bonnes intentions en actes.